Le fil du regard

Aide-mémoire (tout personnel)

04 juillet 2009

(...)

Dès mon retour de vacances, je reprends le fil, ici.

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25 février 2009

Mahler

Deux images tirées d'une BD géniallissime de Mahler, L'art sans madame Goldgruber.

"Lorsque nous étions encore des cinéphiles"

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Je pense que mes amis se reconnaîtront - ou me reconnaîtront...

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16 février 2009

Eros dans le métro

Je l'avais remarquée depuis quelque temps, cette publicité dans le métro...

deux

... lorsque je vis un jour à sa droite son pendant masculin :

un

Les deux personnages prennent la même pose. La même pose mais qui, prise par l'homme, tombe à plat. Autant la posture de la femme est une invitation à regarder, regarder dans les échancrures et les trous du maillot, autant le positionnement de ses jambes, formant un espace évidé, fonctionne comme un rappel du sexe, autant l'homme, habillé, et dont la pose n'est riche d'aucun sous-entendu, ne dégage rien d'érotique.

Rien d'érotique ? Rien d'érotique pour moi, devrais-je préciser. Car entre les deux publicités il y a une différence de poids : la femme est anonyme, tandis que l'homme, lui, ne l'est pas. Ce n'est pas n'importe qui qui prend la pose. C'est Frédéric Michalak. Si l'érotisme de la femme vient de ce qu'elle est l'universel féminin, l'érotisme de l'homme est celui - du moins dans l'esprit des annonceurs, et des "théoriciens" de l'érotisme, comme F. Alberoni - de sa renommée. On en revient aux mêmes poncifs : l'érotisme des femmes vient de leur corps, celui des hommes de leur puissance (renommée, gloire, argent, tutti quanti). (Poncifs que, je le reconnais, mille exemples actuels viennent illustrer.)

Mais je me demande s'il n'y a pas d'autres représentations, prenant pour base autre chose que la représentation de la puissance masculine, qui soient érotiques aux yeux des femmes.

(Et je remercie Pauline et Kaporal5 pour l'envoi des visuels !)

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15 février 2009

Permis de croquer

Je ne pouvais pas manquer l'expo de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Excellente, l'expo. Je regrette d'ailleurs amèrement avoir oublié de prendre mon appareil, car plusieurs dessins m'ont touchée, émue, dont j'aurais voulu garder une trace.

Ali Dilem, d'abord. Dessinateur algérien, déjà condamné, dont un dessin paru dans Liberté (Alger) le 18 février 2006 m'a fait sourire :
"- La presse a publié de nouvelles photos de torture dans la prison d'Abou Ghraib.
- Tant que ce sont pas des caricatures."
Ou sur la force de l'artiste...

J'ai beaucoup aimé aussi le dessin du polonais Andrzej Krauze. Je n'ai malheureusement pas trouvé de reproduction du dessin de lui que j'ai le plus aimé, mais en voilà d'autres :
1484_file_krauze

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Pour en voir plus : http://www.guardian.co.uk/gall/0,,575866,00.html

Xia Lichuan, une des rares femmes de l'exposition, se distinguait par un trait plus tendre, presque à la Folon.

J'ai aussi remarqué No-rio, du Japon, dont j'ai regretté que ne soient exposés que des dessins commentant l'actualité internationale ; rien sur son propre pays. Alors que Gado (Kenya) ou Kash (Congo) n'hésitent pas à parler des leurs.

Peu convaincue, par contre, par le trait de Baha Boukhari (Palestine), dont le trait faisait trop "BD". (Cela pose la question d'un "style" dessin d'actu.)

J'ai beaucoup aimé ce dessin de Chappatte, datant de 1996 : "l'avenir vu par une Afghane" (on y voyait, plus que mon autoportrait, des scènes de guerre, violences, etc.). Et l'excellente mise en page, qui montre bien l'enfermement, sorte de panopticon à la Foucault.

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Plusieurs autres dessins abordaient aussi la question du voile / du voir de la femme en pays musulman.

Bien que généralement peu convaincue par le travail de Wiaz, j'en ai pourtant aimé plusieurs de ses dessins exposés, dont :

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Ainsi que les dessins de Pat Oliphant, dont on remarque la présence d'un petit personnage dans un coin, rappelant en cela le procédé de Plantu :

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Pour en voir plus : http://www.tv5.org/TV5Site/publication/galerie-164-10-Michel_Kichka_Israel.htm

Et pour terminer, un lien vers Plantu, bien sûr : http://www.plantu.net/html/actu_frame.php

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07 février 2009

Le "nomard décoratif" selon Cartier

Ce lien : l'art contemporain se fout-il de nous ?

Où l'on apprend que le "nomard" de Koons est décoratif et que c'est bien, selon la voix de Cartier.

Où l'on apprend, toujours selon Mademoiselle Cartier, que Jean Clair est un inculte parce qu'il n'aime pas l'art contemporain.

Où l'on voit le visage de Ryckner qui regrette que l'installation Jan Fabre au Louvre n'ait pas été un dialogue mais une simple juxtaposition.

Mais, surtout, où l'on peut entendre le surprenant Alain Soral, qui fustige le manque d'idée et de nouveauté et de savoir-faire ; qui prend à juste titre la défense de Jean Clair en rappelant que c'est au contraire à en savoir beaucoup sur l'histoire de l'art qu'on a du mal à gober n'importe quoi ; qui désamorce le débat Jeff Koons, en disant que c'est "pas grand chose", juste de "l'animation culturelle de masse" ; et qui, enfin, établit une corrélation entre le capitalisme financier et l'art contemporain : des non-oeuvres sont achetées avec du non-argent venant de montages financiers divers et multiples, et en un sens, on échange une abstraction vide contre une autre abstraction vide.

(J'ai pas compris, par contre, ce que faisait là Mazarine Pingeot.)

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12 janvier 2009

Post it

Quand je prendrai le temps, je parlerai de Hot Spot (pour se donner chaud), de Beauvoir, du Grand Meaulnes, que j'ai relu, et qui m'a fait pleurer, et peut-être d'Annie Ernaux, de Christian Laborde et de Philippe Djian, qui tous trois ont un point commun...

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12 décembre 2008

Sarah Moon

Sarah Moon, d'abord mannequin, ensuite photographe de mode (notamment pour Cacharel), compagne de l'éditeur Robert Delpire, est en ce moment exposée à la galerie Camera Obscura.

Son travail tourne autour de l'imaginaire, de la poésie ; elle photographie l'univers de la mode, mais aussi celui du conte, du cirque. Elle joue avec l'illusion : ainsi, pour Circuss, pour donner l'impression de la neige, elle filme des grains de sel qui tombent. De même, dans nombre de ses photos elle prend garde à montrer le bord baveux caractéristiques de ces polaroïds (je me demande d'ailleurs comment elle va faire maintenant que ne sont plus fabriquées les pellicules) : en aucun cas elle ne recherche l'illusion du doublage de la réalité : elle fait des photographies et les présente comme telles, de la même manière que Rouault peignait les cadres autour de ses portraits.

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Son univers m'évoque un peu celui de Greenaway (Z.O.O.) :

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Je me demande surtout jusqu'à quel point elle retravaille ses clichés, quelle est la part d'accident involontaire (rayures, griffures,...). J'apprends qu'elle retravaille les retirages de ses négatifs ; en effet, sur certaines photos, les effets de solarisation sont particulièrement nets. Elle ne s'en remet pas uniquement au hasard, pas plus qu'elle ne s'appuie sur un même protocole (comme le fait, par exemple, Patrick Tourneboeuf). En ce sens, ses photographies sont une réminiscence de sa formation première en peinture, où l'apport de l'artiste est primordial pour faire de l'image une oeuvre singulière.

L'image qu'elle donne de la nature est particulièrement intéressant : il s'agit, dans ses photographies, d'une nature d'un autre temps, presque mythique. Une nature où l'on voit pyramides, girafes, rhinocéros, autant d'éléments exotiques qui évoquent les colonies. Où les éléments sont souvent flous, jamais noirs et blancs mais toujours dans des teintes de gris : on est dans le domaine du passé, dans celui de la mémoire, factice ou non. En effet, ses photographies sont comme les souvenirs, on ne sait plus s'ils sont vrais ou reconstruits, s'ils sont ceux d'un voyage effectivement vécus ou ceux d'une visite au Museum d'histoire naturelle.

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Ses photographies mettent aussi volontiers en scène une violence sourde : elle photographie des poupées, une petite fille masquée, particulièrement dérangeante (mais je me suis étonnée de n'avoir pas vu davantage de photographies avec des masques), ou des corps dont les prises de vue n'en montrent plus que des tronçons, presque déréalisés. Entre le souvenir d'un temps nostalgique et le cauchemar enfantin.

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08 décembre 2008

Masques, à Orsay

Sur les masques, il y a tant à dire : masques de fête, masques mortuaires, le masque comme double réaliste, le masque comme dédoublement (antiréaliste)...

Il y a tant à dire que l'exposition d'Orsay peut sembler un peu engoncée dans 4/5 petites salles, et ne fait qu'effleurer les sujets. Le cheminement souffre pour sa part d'un manque de lisibilité ; mais je suppose deux raisons à cet écueil : d'une part, le travail critique entrepris par l'équipe les a sans doute menés à privilégier une approche parfois hermétique, et d'autre part leur choix de présentation a pu être rendu nécessaire par la surreprésentation des masques réalistes. Je regrette en effet que les masques grotesques et fantastiques aient été si peu présents ; au contraire, la galerie de portraits réalistes m'a semblé bien longue. Ainsi, les masques japonais, qui ont inondé l'Europe après l'ouverture du Japon (ère Meiji) étaient bien rares, et la différence aurait pu être faite entre les masques No et les masques Kabuki. De même, la partie sur le renouveau des masques au 20è siècle du fait de l'influence de la statuaire africaine est elle aussi bien maigrelette (on pourra certes me rétorquer que j'étais à Orsay et pas à Beaubourg) ; il y a toutefois un très beau masque de Gonzalez, et un tableau d'Ensor, dont les couleurs ne cesseront de me surprendre (comment diantre fait-il de l'huile aussi transparente ?). D'autres oeuvres sont présentes que j'avais déjà vues ; je pense à la série sur Hanako, par Rodin, que le musée Rodin avait présentées il n'y a pas si longtemps (cf. exposition Rodin, le rêve japonais). De plus, la surreprésentation de certains thèmes, comme la Gorgone (très beau thème, et de belles pièces, comme le bouclier de Böcklin) aurait mérité d'être justifiée.

J'ai par contre été très intéressée par la multiplicité des matériaux employés, et notamment la pâte de verre (employée principalement par Henry Cros) dont le rendu est proche de celui de la cire et confère aux visages à la fois une impression de présence (par la proximité avec l'aspect de la chair) et d'absence (la cire comme celle des masques mortuaires). D'autres belles oeuvres sont exposées qui à elles seules valent le déplacement : ainsi, l'étonnante Allégorie de la simulation, de Lorenzo Lippi. L'exposition offre aussi l'occasion de voir plusieurs grès émaillés de Carriès. Surtout, l'exposition est intéressante en ce qu'elle permet de réfléchir à la définition du masque : le masque n'est plus seulement ce qui se porte sur le visage, il peut être sculpture à part entière, notamment décorative (cf. les mascarons). De plus, il est précisé qu'au "XIXe siècle, le mot "masque" désigne également le visage d'un individu ou même le visage d'une statue." Voilà qui amène à penser la définition du masque de manière très large.

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Allégorie de la simulation, Lippi

J'invite à lire une autre critique (pleinement élogieuse) de l'exposition ici.

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04 décembre 2008

Facile ou pas ?

L'exposition de Patrick Tourneboeuf à l'école d'architecture de Paris Val de Seine est superbement mise en scène. Grands tirages, éclairages élégants, l'espace s'accorde parfaitement avec ceux des photographies, des photographies d'espaces vides, auxquels le public n'a pas accès : sous le plancher de l'opéra, sur le chantier du Grand Palais, etc.

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Tourneboeuf prend ses photos à la chambre. Son procédé a quelque chose du systématisme des Becher : prises de vue frontales, mise en avant de la symétrie. Sur ses photos les hommes sont pratiquement toujours absents.

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Prenant le plus souvent des musées en rénovation, Tourneboeuf donne à voir les écrins désertés des oeuvres, qui deviennent alors presque des oeuvres en eux-mêmes. L'aspect géométrique que met en exergue les photographies de Tourneboeuf m'apparaît, surtout, avec force ; comme si cette insistance venait témoiger de la mise en boîte (de la  normativité) de ce qu'est une espace muséal.

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J'apprécie aussi les éclairages, les jeux de lumières et de couleurs.

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Mais n'est-ce pas la monumentalité qui donne leur qualité aux photos ? Le procédé systématique ne rend-il pas la démarche trop "facile" ? Quel est l'apport du photographe une fois le procédé fixé ? Voilà juste des questions que je me pose...

Tourneboeuf fait partie du collectif Tendance Floue. Plus d'info sur http://www.tendancefloue.net/photographes/patrick_tourneboeuf/index.php.

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01 décembre 2008

Les démons caca

Le livre était épuisé ; il a été réédité spécialement pour le Salon de Montreuil. Je l'ai acheté, en dépit d'une réserve à l'égard de l'appellation des démons (mais bon, c'est un livre pour les enfants...). Et je l'adore. Le dessin, le thème. Quelques photos, n'ayant pas de scan sous la main...

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Les démons caca, de Fabienne Loodts, chez Esperluète

Posté par jeanne à 12:41 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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