Le fil du regard

Aide-mémoire (tout personnel)

29 février 2008

Lignes de faille

"En les écoutant je repense à cette idée de théâtre et me demande si au fond les gens ne passent pas leur temps à jouer des rôles [...] tout au long de leur existence : peut-être qu'en conseillant ses fous grand-papa joue le rôle d'un psychiatre et en me frappant avec la règle Mlle Kelly joue le rôle d'une méchante prof de piano ; peut-être qu'au fond d'eux-mêmes ils sont tous quelqu'un d'autre mais, ayant appris leurs répliques et décroché leurs diplômes, ils traversent la vie en jouant ces rôles et ils s'y habituent tellement qu'ils ne peuvent plus s'arrêter."

(Lignes de faille, Nancy Huston)

J'ai avalé le livre, presque d'une traite. Happée par l'histoire, par l'interrogation générale portée par le roman, sur la transmission des histoires familiales, et comment chacun les réinterprète à travers le prisme de sa propre vision, de ses propres obsessions.

Pourtant, je ne crierai pas au chef d'oeuvre ; les deux dernières histoires m'ont bien davantage touchée que les deux premières (peut-être simplement parce qu'elles sont narrées par des voix féminines). Et puis il y a quelques scories d'écriture qui m'ont fait tiquer (chaque histoire est racontée par la bouche d'un enfant de 6 ans, et parfois, les mots ou les expressions ne sont pas crédibles). Alors vite, de ce pas, un deuxième Nancy Huston pour découvrir plus avant son écriture...

Posté par jeanne à 18:11 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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